Retour sur le 3 décembre…. la presse en parle

Ce devait être une journée tranquille, donnant le coup d’envoi officiel d’une vaste concertation pour le devenir des prairies bordant le futur quartier de la Fontaine-Margot, côté Saint-Pierre. L’inquiétude des exploitants de la ferme de Traon-Bihan a changé la donne.

Certes, c’était prévisible et même attendu, depuis que les réseaux sociaux s’étaient emparés de la question de l’avenir des terres de la ferme de Traon-Bihan. Mais l’arrivée d’une grosse centaine de soutiens aux exploitants, alors qu’une vingtaine de personnes assistait aux présentations officielles sous la toile d’une iourte, a fait son petit effet, hier matin. Et transformé la belle opération consensuelle en long dialogue improvisé sur l’avenir de la ferme bio brestoise. « Pas d’écoquartier sans ferme bio » : la banderole, derrière laquelle s’étaient massés les nombreux soutiens à la ferme de Traon-Bihan, donnait d’emblée le ton. « On travaille ensemble depuis des années et on sait que ce projet va nous prendre des terres. Mais c’est dur de ne pas avoir été associés à cette journée quand on sait que l’on va perdre un tiers de ses terres », entame Valérie Lazennec, exploitante à la ferme de Traon-Bihan. « On doit garder de la biodiversité. Mais avec du bitume autour et des lignes électriques, cet écosystème ne va pas perdurer. Pitié, gardons quelques couloirs verts dans cette ville », implore-t-elle.

Des prairies et 1.500 logements


C’est Thierry Fayret, vice-président de Brest métropole en charge de l’urbanisme, qui s’est chargé de la rassurer. « Si ces prairies vont être immergées dans un espace urbain, on va s’assurer que les usages actuels seront respectés. Il n’est pas question de construire un skate-park ou une nouvelle Arena, mas de garder des respirations dans le futur quartier ». Au total, plus de 1.

500 logements pourraient être construits, en plusieurs phases s’étendant sur une dizaine d’années, dans le quartier de la Fontaine-Margot. Un choix de la densité urbaine assumé par la collectivité. « On a construit l’équivalent d’une deuxième ville de Brest ces dernières années, avec de l’habitat diffus, d’une densité de cinq à dix logements par hectares. Ici, on sera sur 25 à 35 logements par hectare, justement pour préserver, ailleurs, le foncier naturel ou agricole ».

« Les terres perdues seront compensées »


Un raisonnement qui est loin de rassurer les défenseurs des prairies du Vern. « On va rapidement perdre une douzaine d’hectares et vous nous en proposez trois en compensation. Ce n’est pas tenable », regrette Philippe Nicol, agriculteur à Traon-Bihan. « On est prêt à s’adapter, à faire de l’agriculture urbaine bio. Mais on a besoin que vous vous engagiez publiquement à nous y aider », prolonge Valérie Lazennec. Un engagement que Thierry Féret prendra finalement mais au seul horizon de son mandat politique, qui n’est pas celui du programme immobilier… « On va s’attacher à ce que la ferme puisse poursuivre son travail et à compenser les terres perdues par des terrains en proximité, trouvés en concertation avec la Chambre d’agriculture ». Des propos qui n’auront finalement convaincu qu’en partie les exploitants. « Je ne vais pas prendre mon tracteur et faire 20 km tous les jours pour aller sur le champ et prétendre en même temps faire du bio », concluait Philippe Nicol, qui attend désormais des propositions concrètes de la collectivité. Quant à la concertation pour l’usage futur des prairies, elle doit se poursuivre jusqu’à l’été prochain.

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